18.04.2011

L'ombre d'un bouchon

 

Cher tous,

vous l'avez constaté ce blog est en sommeil depuis un certain nombre de semaines, l'auteur étant complètement débordé .

Mais il est tenace (l'auteur).

Il n'est pas mort (le blog) .

ils reviendront dans quelques semaines  (l'auteur+le blog),

encore un peu de patience SVP.

 

il s'agit juste d'une pause

 

A très bientôt

 

Nicolas

14:48 Écrit par Nicolas Balu | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.01.2011

Le Procès (VI)

C'est le grand retour du Procès. Pour ceux qui ont raté la première série de textes et/ou ne savent pas de quoi il s'agit, passez d'abord par :

Le Procès I : Thomas. Comment j'ai tué mon père.

et tout s'enchaîne :

Le procès II : Le capitaine de gendarmerie. On a mis presque toute la famille en garde à vue.

Le procès III : Le journaliste. "Sur son banc cet homme de trente ans ressemble à un grand adolescent transparent et tétanisé."

Le procès IV : Le président de la cour d'assises. "Essayez de parlez. C'est important de dire ce que vous avez vécu".

Le procès V : Le juré.  Il voulait le tuer son père ? son taré de père ? Et le reste de la famille ?

 

Le Procès VI ?

LA MERE

Le journaliste : « L’important ce sont les enfants, ce que nous avons souffert, ce qu’ils souffrent en ce moment. A 66 ans, Geneviève vit toujours dans la ferme Saint Luc. Elle est très proche de ses enfants. Entre les larmes et quelques rires, elle tente aussi de raconter l’homme qu’elle a aimé et les conditions de vie de plus en plus difficiles. 

Genviève :

« Ce que j’aimais, il ne l’aimait pas.

Ce qu’il aimait, je ne l’aimais pas.

Mais on s’aimait. »

 

podcast

Geneviève : « C’est moi qui avait totalement l’éducation des enfants en charge, mon mari ne voulait pas entendre parler des résultats scolaires. »

« J’ai toujours caché beaucoup de choses aux voisins, je voulais donner l’impression d’une famille unie. »

« J’ai perdu mes parents assez jeune. J’ai été élevée par trois familles dans une ambiance d’amitié et de respect… »

Le capitaine Blagnot : « C’est le père qui détenait tout le patrimoine. Pendant toute sa vie, Geneviève lui a demandé l’argent dont elle avait besoin. Et lorsqu’il a refusé de lui verser de l’argent parce qu’elle prenait le parti de ses fils, lorsque qu’il s’est installé tout seul au rez-de-chaussée, alors elle a arrêté de lui faire à manger et de lui laver son linge. »

Thomas : « Ma mère essayait à tout prix que la mésentente avec mon père ne transparaisse pas. Elle prenait beaucoup sur elle. Elle entraînait la conversation pour qu’il y ait une vie familiale. »

Etienne : « Ma mère a la médaille de la famille française. »

Geneviève : « J’ai perdu mon mari, mes parents, mes enfants. Je n’ai que des morts autour de moi. Bien sûr que j’ai peur de perdre Thomas. Il n’y a pas une seule mère qui n'a pas peur de perdre ses enfants. Et j’ai tellement été dans les cimetières. »

« Quelques jours avant le drame, j’ai dit à mon mari que les enfants et moi on partait. Qu’on allait s’installer dans l’autre ferme qui nous appartenait. »

 

 

 
podcast




A vous de choisir....

 

La suite très vite.

 

23:28 Écrit par Nicolas Balu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

03.01.2011

Bonne Année !!

Faces de Blog vous souhaite une très très bonne année 2011 ! J'ai bien envie de reprendre à mon compte l'expression de mon amie Perrine : la paix, l'amour, de la déconne et de la fantaisie ! Ou encore, selon une autre amie, une année "avec tous les accessoires". Bref, tournons le dos à 2010, année de peurs. Ce n'est peut-être pas terminé mais on peut également avoir sérieusement envie et besoin du contraire !!

 

En cette fin 2010, ce sont Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier qui ont "fêté" Noël et le nouvel an de captivité en Afghanistan (un an !!). Ils sont des confrères et nous attendons tous leur libération. J'ai failli en faire post mais alors il ne faut pas oublier les autres otages, au Mali et ailleurs.

 

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En cette fin d'année 2010, ce sont également les chrétiens du Moyen Orient qui ont fait l'actualité. Pénible Noël. Noël dans ce climat d'oppression, de violence -pas du tout aveugle- qui recommence déjà en 2011. En Irak, en Egypte, ces églises millénaires risquent de disparaître. C'est la valise ou le cercueil nous dit-on. J'ai faili en faire un post mais je ne voulais pas oublier les autres minorités oppressées. Il y en a pas mal.

Du coup , je vous propose un dernier coup d'oeil pas très joyeux sur 2010 mais profond. Je vous remets une louche sur le film "Des Hommes et des Dieux" ? Oui et non. Juste en copié-collé ce magnifique texte du frère Christian de Chergé, moine de Tibéhirine, assassiné en 1994. Après, passons à 2011.

 

 

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"S’il m’arrivait un jour – et ça pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.

Qu’ils acceptent que le Maître unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal.

Qu’ils prient pour moi :

comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ?

Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes, laissées dans l’indifférence de l’anonymat.

Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre.

Elle n’en a pas moins non plus.

En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance.

J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément.

J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m’aurait atteint.

Je ne saurais souhaiter une telle mort.

Il me paraît important de le professer.

Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.

C’est trop cher payer ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit,

surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam.

Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement.

Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme.

Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.

L’Algérie et l’islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme.

Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église, précisément en Algérie et, déjà, dans le respect des croyants musulmans.

Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste :

« Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! »

Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité.

Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui ses enfants de l’islam tels qu’Il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur,

je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.

Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis !

Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’auras pas su ce que tu faisais.

Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet « À-DIEU » en-visagé de toi.

Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. Amen ! Inch’ Allah."

Alger, 1er décembre 1993
Tibhirine, 1er janvier 1994

Christian

 

00:36 Écrit par Nicolas Balu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.12.2010

Un beau vieil homme (IV)

 La fin du portrait de Joseph Bonnet, basque évadé de France, passé dans les geôles franquistes, enrôlé dans la 2e DB. Christophe Van Veen, journaliste à France Bleu Pays Basque, l'a rencontré chez lui à Hasparren.

A 87 ans, Ttotte, le beau jeune homme, est devenu un magnifique vieillard.

C'est à notre demande que Joseph raconte. Sa guerre. Il voudrait tout dire, mais pas trop non plus, pour ne pas passer pour ce qu'il n'est pas. Pris par l'émotion, par la fatigue, il se perd parfois, et se retrouve toujours, avec un grand sourire. Son récit est interrompu par un bruit sauvage de mixeur, dans la pièce d'à côté. C'est Renée, sa femme, invisible et toujours présente.PB030916.JPG

"Un an avant d'être démobilisé, à Paris, j'avais confié à un copain que j'allais me marier avec elle. Et elle ne me connaissait pas ! J'avais fait le tour d'horizon de toutes les jeunes filles de l'époque et j'en avais conclu : "Il n'y a que celle là !"

Et soixante-quatre ans plus tard, c'est toujours celle là. Renée. Fille d'un riche fabricant de chaussures. Joseph sera le gendre du patron, son représentant jusqu'à la retraite. Joseph et Renée vivent dans la maison de maître, la maison natale de l'épouse bien aimée.

Renée n'a pas pu avoir d'enfant. Les Bonnet en ont adopté un, qui habitait avec ses 9 frères , dans la même rue, juste en face, de l'autre coté du trottoir. Il n'y a plus d'usine de chaussures à Hasparren, mais ce fils adoptif est quand même devenu lui aussi VRP en chaussures. Il porte le prénom du frère de Renée. Un frère mort sous les balles, pendant cette seconde guerre mondiale. Edmond.

Renée reste, discrète, dans sa cuisine mais elle a mis son empreinte dans ce bureau où Ttotte reçoit. C'est elle qui a accroché au milieu des souvenirs une grande fresque au fusain. Le tableau donne vie à un combattant d'une autre époque, un cavalier ibérique, fier et déterminé, qui se bat avec son fidèle serviteur contre des moulins à vent. Joseph ne sait pas pourquoi sa femme a voulu ce tableau, ni même ce qu'il représente.

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 Christophe Van Veen